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Bonne lecture !
Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 19:33

Aya de Yopougon, de Abouet et Oubrerie, chez Gallimard


Oubliez vos vieux clichés.

Yopougon est un quartier d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Contrairement à ce que la télé nous fait croire, les Abidjanais ne sont pas en proie à la guerre civile et ne vivent pas dans des bidonvilles. En 1979, date à laquelle se passe l’histoire, Yopougon est un quartier populaire, avec ses rues animés de jour comme de nuit.

Les jeunes gens de Côte d’Ivoire ne se préoccupent que de la vie courante, les études, les parents, les amours.

Aya est une jeune fille de 19 ans. Elle partage ses journées entre l’école et ses amies. Elle sort peu, elle préfère faire ses devoirs pour ne pas finir en « séries C » : coiffeur, couture et chasse au mari. Ses amies sont moins sérieuses et n’hésitent pas à filer en douce la nuit tombée pour aller gazer.

Quitte à ce qu’il leur arrive quelques surprises… non désirées…


L’agréable surprise de cette série (deux tomes pour l’instant) c’est qu’elle est loin des clichés. Pas étonnant puisque la scénariste est ivoirienne. On y découvre une autre face de l’Afrique, un pan de la culture, son vocabulaire, ses mœurs, d’un pays assez peu connu, somme toute, en-dehors de la récente guerre civile qui y a eu lieu.

La bonne humeur et l’humour sont omniprésents, on  voyage avec plaisir et on se laisse surprendre par la fraîcheur du propos, les piques entre amies et les engueulades familiales.

Les dessins ne gâchent rien, leur simplicité cadre bien avec l’histoire. Oubrerie a su attraper et rendre l’ocre de l’Afrique et les couleurs vives des vêtements, ce qui donne des albums agréables à l’œil.


Aya de Yopougon
Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
Collection Bayou
Editions Gallimard

Par Wiz - Publié dans : Roman graphique
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 23:13

Fables, de Willingham et Medina, chez Semic

Imaginez. Imaginez que les habitants des contes aient été chassés de chez eux. De leurs royaumes, de leurs forêts, de leurs maisons de pain d’épice ou de paille. Que face à un Adversaire puissant et avide de conquêtes, ils aient choisis de battre en retraite.

A votre avis, où se sont–ils réfugiés ?

Dans le seul monde qui n’a pas intéressé l’Adversaire : le nôtre. C’est ainsi que le grand méchant loup est devenu détective privé, Blanche-Neige, adjointe au maire, Barbe-Bleue, un homme d’affaires. Ceux qui pouvaient se fondre dans la masse des « communs » (les hommes) vivent parmi eux. Les autres sont consignés à la « ferme ».

Ce microcosme vit comme tout le monde, avec ses problèmes conjugaux et financiers, quand survient l’impensable : Rose Rouge, la sœur de Blanche-Neige, a disparu en laissant derrière elle un appartement plein de sang. Le monde des Fables est en émoi. Bigby, le grand méchant loup, est chargé de l’enquête. A ses yeux, tout le monde est suspect : Barbe-Bleue, avec lequel Rose Rouge s’était fiancée, Jack, son petit ami, le Prince Charmant, gigolo fauché, et même Blanche-Neige, qui commence à douter des capacités du détective à enquêter.

Après des débuts laborieux et des méthodes déroutantes, Bigby finit par résoudre le mystère. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir le dénouement.

Bien que la couverture soit un peu rebutante (mais ce n’est que mon avis), l’enquête un peu faiblarde (ça s’arrange dans le tome 2, une histoire indépendante) et le dessin (eh bien purement américain, mais les couleurs moins criardes), l’idée est bien exploitée, même si ce n’est pas neuf. L’idée ici était de sortir les personnages de leur contexte habituel. Les relooker niveau caractère était indispensable pour les rendre intéressants, voire décalés. On découvre une Boucle d’Or plutôt expéditive, un Prince Charmant est un sale con, les trois petis cochons sont énormes, fument et boivent…

Un brin de cynisme, une touche d’humour, emballez c’est pesé.

Fables
Bill Willigham et Lan Medina
Editions Se
mic Books


Par Wiz - Publié dans : Fantastique
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