Le sursis
Le sursis, de Gibrat, chez Dupuis
1943. Julien s’échappe du convoi qui le mène au STO. Il rentre dans son village natal retrouver sa tante Angèle et se planquer. Le hasard est joueur, le train qui devait le convoyer a été bombardé et Julien est officiellement décédé.
Caché dans une maison inoccupée, il passe ses journées à lire, à observer la vie qui suit son cours sur la place du village.
La guerre n’affecte pas énormément la vie quotidienne, ne serait-ce la présence de la milice. Il s’ennuie, tout seul. Heureusement, il y a Cécile, son amour de jeunesse. Même s’il ne peut lui parler, la savoir non loin est réconfortant.
Julien assiste impuissant aux malheurs qui s’abattent sur son village.
L’occupation vu sous un angle différent : le personnage principal n’est pas ni un héros ni un collabo. Il est spectateur, obligé de suivre la vie des autres sans pouvoir intervenir. Un peu lâche, peut-être, mais surtout humain.
Les personnages sont vivants, aimables ou détestables, ils constituent le petit théatre de Julien.
La fin vous laissera sur le cul et vous mettrez un peu de temps à vous en remettre.
Le dessin est très beau, très fin. Gibrat est un maître dans la colorisation : les couleurs sont douces et dégagent une impression de légèreté, en décalage par rapport à la guerre, mais adaptées à la douceur de vivre locale.
Le sursis
Jean-Pierre Gibrat
Collection Aire Libre
Editions Dupuis
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