Lapinot
Les formidables aventures de Lapinot, de Trondheim, chez Dargaud
Le plus célèbre personnage de Trondheim vit des aventures formidables (puisqu’on vous le dit). L’auteur prend plaisir à faire faire un peu n’importe quoi à son lapin. Jugez vous–même : un album sur deux se déroule dans un autre espace-temps, tandis que l’autre voit évoluer le personnage tranquillement dans sa petite vie.
Je récapitule pour ceux du fond : les albums 0 (oui, il fait vraiment n’importe quoi), 2, 4, 6, 7 (une exception) et 8 sont les aventures de Lapinot avec Lapinot dans le rôle de Lapinot, au présent.
Les autres sont des hommages à des genres : western pour « Blacktown » (tome 1), Sherlock Holmes pour « Walter » (t.3), 19e anglais (cf. films de James Ivory) pour « Vacances de printemps » (t.5), et un vibrant hommage à Spirou pour le dernier tome « L’accélérateur atomique ».
S’il vaut mieux lire les albums pairs (plus le 7) dans l’ordre, ça n’a aucune importance pour les albums impairs (sauf le 7, suivez un peu).
Vous raconter les différentes histoires ici n’a pas vraiment d’intérêt. L’intérêt de la série réside dans la manière de raconter, l’équilibre entre les personnages qui permet à Trondheim de raconter les pires conneries (puisque c’est Richard qui le dit) et être touchant d’innocence et d’optimisme. Il traite de manière souvent désabusée la vie quotidienne et ses contrariétés, les responsabilités que l’on cherche à fuir, la bêtise humaine (dont Richard est l’incarnation).
Trondheim dit lui-même qu’il ne sait pas dessiner, et si au premier abord on a cette impression de gros trait pas très détaillé, limite « mon neveu de 5 ans fait pareil », on voit très vite qu’il a une bonne maîtrise de l’espace et des visages.
C’est cette économie qui lui permet de si bien faire passer un sentiment, une mimique sur un visage.
Mon préféré : Pichenettes, ou l’histoire d’une malédiction d’Europe de l’Est. Hilarant.
Les formidables aventures de Lapinot
Lewis Trondheim
Collection Poisson Pilote
Editions Dargaud
Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être...
- Approximativement pour lire du Trondheim un peu différent (Trondheim, Cornélius)
- La vie est courte pour l’humour absurde (Larcenet, Dupuis)
- Donjon pour l’humour et parce que c’est un incontournable (Trondheim/Sfar, Delcourt)
