Les entremondes

Publié le par Wiz

Les entremondesLes entremondes, de Patrice et Manu Larcenet, chez Dargaud

Les entremondes, ce sont des mondes étranges, des sortes de dimensions parallèles où il est possible de changer le cours de l’Histoire.

Deux albums indépendants pour traiter du racisme pour l’un et du danger nucléaire pour l’autre.

« Lazarr » raconte comment deux personnes (un shérif raciste et un noir) sont obligés de collaborer pour éviter la destruction du monde (rien que ça).

Le shérif Metzger est un bon shérif raciste[*] du sud au Mississippi en 1965. Il voue un amour sans borne à son pistolet et une haine sans borne à tout ce qui est noir. Bird est noir et analphabète, mais il est loin d’être idiot.
Le shérif trouve un moyen d'arrêter Bird et l'amène près d'un pont dans le but de s’en débarrasser définitivement. Mais Bird se défend et ils plongent tous deux dans la rivière.
Quand ils sortent de l'eau, ils se retrouvent dans un monde plus qu'étrange...
Malheureusement, l’apparition du flingue de Metzger dans ce monde fout la merde et ils doivent le récupérer fissa.

Larcenet alterne adroitement les passages sombres (le racisme) et des répliques bien senties et très drôles, car malgré la gravité du sujet, il s’agit tout de même d’humour.

Le cheminement de la haine réciproque des deux hommes est impressionnante et bien décrite, juste dans le ton, malgré l’emploi voulu de stéréotypes.

« Les eaux lourdes » est beaucoup plus noir et nettement moins drôle, ce qui n’empêche pas d’être aussi bon que « Lazarr ».

Davor Lenko est surveillant dans une centrale nucléaire en Russie. Alors qu’un soir il est de corvée pour la dernière ronde, Davor se perd et il se retrouve dans une grande étendue enneigée, et la centrale a disparu. Il arrive au milieu d'une cérémonie et se fait embarquer par les prêtres. Il se retrouve en prison avec un petit être bizarre qui dit s'appeler Innocent et faire parti du peuple Difforme... Davor est-il l’Elu, comme le prétend Innocent ?

Autant « Lazarr » est dynamique et coloré, autant cet album est sombre et rouge. Larcenet use d’effets de contraste très étonnants pour servir l’histoire, qui fait froid dans le dos.

Les Larcenet saisissent à merveille ce qu’il y a de plus moche dans l’homme et dressent dans ces albums un portrait sans concession de l’humanité : haine, pouvoir, domination.

[*] l’expression « bon shérif raciste » est évidemment ironique.

Les entremondes
Patrice et Manu Larcenet
Collection Poisson Pilote
Editions Dargaud


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Publié dans Fantastique

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T
ah oui, j'avais lu robin des bois dans fluide glacial, j'aime bien ce qu'il fait
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