Vendredi 25 novembre 2005
Le prince des écureuils, de Yann et Hausman, chez Dupuis
« Il était une fois, il y a de ça bien longtemps, un petit écureuil, le plus charmant qu’on eût pu voir, et que ses congénères avaient surnommé Roufol, parce qu’il avait une naturelle inclination à la mélancolie et aux sottises... »
Roufol est faible et sans mémoire. Martyrisé par plus fort que lui, il lui arrive rarement de manger, d’autant qu’il oublie ses cachettes à noisettes.
Rêveur, il aime errer sous les remparts d’une citadelle habitée par un ogre. Roufol l’ignore et s’en fiche, il cherche à manger.
Maladroit, il se laisse prendre à un collet, mais la fille du sorcier n’aime pas tuer les écureuils et le laisse vivre. Roufol dès lors ne la quitte plus.
Mais un matin, la belle ne vient pas au rendez-vous. Roufol, loin d’être sot, la retrouve dans le cachot de l’ogre. Avec l’aide du sorcier, il l’aide à s’enfuir sous la forme d’une écureuille. Mais la belle, inconstante, le délaisse pour le beau et fort tyran de Roufol.
Le pauvret décide de se venger et croque la noisette préparée par le sorcier, qui le transforme en homme. L’ogre ayant été chassé entre-temps, il s’installe dans son château et prépare sa vengeance.
Il développe peu à peu une aversion pour sa race, qu’il traque et torture sans relâche, sans désespérer retrouver sa belle.
Il était une fois...
Les contes n’ont pas toujours été la mièvrerie que nous impose Disney. Souvenez-vous des contes de Perrault, de Grimm, la belle-mère méchante, l’ogre, le loup, violents, impitoyables, sanguinaires...
Yann et Hausman nous livre cette version du conte, qui n’est évidemment pas destinée à la jeunesse.
A peine Roufol se transforme-t-il en homme qu’il pense à la vengeance. Ses pensées deviennent sombres, lui qui n’était que gaîté. Il est aigre et découvre l’ennui. L’homme selon Yann est bien noir et bien cruel. L’écureuil avait-il tous ces sentiments en lui ou les a-t-il acquis en devenant humain ? L’homme est-il incapable de sentiments bienveillants ?
Le dessin d'Hausman est superbe. Avec un dessin parfaitement maîtrisé et des couleurs ternes qui conviennent admirablement, il reflète bien la laideur de l'histoire.
Le récit se passe de dialogues ou presque, pratiquement tout l’album est fait de narration, comme dans les contes et les légendes.
Le prince des écureuils
Yann et Hausman
Collection Aire Libre
Editions Dupuis
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