Le combat ordinaire, de Manu Larcenet, chez Dargaud
Je sais que j’ai déjà parlé de Larcenet (voir Les entremondes), mais cet auteur est tellement extraordinaire et cette série tellement forte, qu’il serait impardonnable de ne pas vous en parler.
Marco est grand reporter. Il a parcouru le monde pour photographier des cadavres exotiques.
Aujourd’hui, il se pose des questions sur sa vie et ce qu’il doit en faire.
Il décide de préférer le silence de la campagne à la vie urbaine, même si cela doit l’éloigner de son frère. Dernier passage chez ses parents, éprouvant. Sa mère s’inquiète pour lui, sa constipation et son avenir de chômeur. Son père, lui, se perd dans le présent.
Il rencontre Émilie. Mais Émilie se met à vouloir des choses, comme une maison et un bébé.
Il fait la connaissance d’un voisin, un petit vieux qui taquine le brochet. Mais le passé honteux de l’homme resurgit brutalement.
Marco craque et touche le fond. L’avantage de toucher le fond, c’est bien connu, est de ne pas pouvoir tomber plus bas. Marco s’en sort au prix d’un travail considérable sur lui-même.
Finalement, la vie de Marco n’est pas extraordinaire, ce qui l’est c’est la manière qu’a Larcenet de la présenter, d’entrevoir ses désirs et ses problèmes, ses angoisses, son incapacité à avancer dans la vie. Son histoire est celle d’un homme qui voudrait rester enfant, qui voudrait ne pas avoir de responsabilités.
Larcenet est très, très doué pour ce genre de récit. C’est à la fois drôle et terriblement poignant. Pour le moment, deux tomes sont sortis, et on attend avec impatience la suite.
Le combat ordinaire
Manu Larcenet
Editions Dargaud
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