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Ce blog est pour les gens qui se mettent à la BD, mais qui sont perdus devant l'immensité des rayonnages. En effet, une fois refermé le dernier Donjon, XIII ou Largo Winch, que lire ?
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Bonne lecture !

Lundi 28 novembre 2005

Le combat ordinaire Le combat ordinaire, de Manu Larcenet, chez Dargaud


Je sais que j’ai déjà parlé de Larcenet (voir Les entremondes), mais cet auteur est tellement extraordinaire et cette série tellement forte, qu’il serait impardonnable de ne pas vous en parler.


Marco est grand reporter. Il a parcouru le monde pour photographier des cadavres exotiques.

Aujourd’hui, il se pose des questions sur sa vie et ce qu’il doit en faire.

Il décide de préférer le silence de la campagne à la vie urbaine, même si cela doit l’éloigner de son frère. Dernier passage chez ses parents, éprouvant. Sa mère s’inquiète pour lui, sa constipation et son avenir de chômeur. Son père, lui, se perd dans le présent.

Il rencontre Émilie. Mais Émilie se met à vouloir des choses, comme une maison et un bébé.

Il fait la connaissance d’un voisin, un petit vieux qui taquine le brochet. Mais le passé honteux de l’homme resurgit brutalement.

Marco craque et touche le fond. L’avantage de toucher le fond, c’est bien connu, est de ne pas pouvoir tomber plus bas. Marco s’en sort au prix d’un travail considérable sur lui-même.


Finalement, la vie de Marco n’est pas extraordinaire, ce qui l’est c’est la manière qu’a Larcenet de la présenter, d’entrevoir ses désirs et ses problèmes, ses angoisses, son incapacité à avancer dans la vie. Son histoire est celle d’un homme qui voudrait rester enfant, qui voudrait ne pas avoir de responsabilités.


Larcenet est très, très doué pour ce genre de récit. C’est à la fois drôle et terriblement poignant. Pour le moment, deux tomes sont sortis, et on attend avec impatience la suite.


Le combat ordinaire
Manu Larcenet
Editions Dargaud


Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être...
- Soyons fous parce que c’est drôle (Larcenet, Fluide Glacial)
- Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud juste pour le plaisir de lire Larcenet (Larcenet, Dargaud)
- On fera avec pour lire du Larcenet plus intimiste (Larcenet, Les rêveurs de runes)

Par Wiz - Publié dans : Roman graphique
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Vendredi 25 novembre 2005

Le prince des écureuils Le prince des écureuils, de Yann et Hausman, chez Dupuis


« Il était une fois, il y a de ça bien longtemps, un petit écureuil, le plus charmant qu’on eût pu voir, et que ses congénères avaient surnommé Roufol, parce qu’il avait une naturelle inclination à la mélancolie et aux sottises... »

Roufol est faible et sans mémoire. Martyrisé par plus fort que lui, il lui arrive rarement de manger, d’autant qu’il oublie ses cachettes à noisettes.

Rêveur, il aime errer sous les remparts d’une citadelle habitée par un ogre. Roufol l’ignore et s’en fiche, il cherche à manger.

Maladroit, il se laisse prendre à un collet, mais la fille du sorcier n’aime pas tuer les écureuils et le laisse vivre. Roufol dès lors ne la quitte plus.

Mais un matin, la belle ne vient pas au rendez-vous. Roufol, loin d’être sot, la retrouve dans le cachot de l’ogre. Avec l’aide du sorcier, il l’aide à s’enfuir sous la forme d’une écureuille. Mais la belle, inconstante, le délaisse pour le beau et fort tyran de Roufol.

Le pauvret décide de se venger et croque la noisette préparée par le sorcier, qui le transforme en homme. L’ogre ayant été chassé entre-temps, il s’installe dans son château et prépare sa vengeance.

Il développe peu à peu une aversion pour sa race, qu’il traque et torture sans relâche, sans désespérer retrouver sa belle.


Il était une fois...


Les contes n’ont pas toujours été la mièvrerie que nous impose Disney. Souvenez-vous des contes de Perrault, de Grimm, la belle-mère méchante, l’ogre, le loup, violents, impitoyables, sanguinaires...

Yann et Hausman nous livre cette version du conte, qui n’est évidemment pas destinée à la jeunesse.

A peine Roufol se transforme-t-il en homme qu’il pense à la vengeance. Ses pensées deviennent sombres, lui qui n’était que gaîté. Il est aigre et découvre l’ennui. L’homme selon Yann est bien noir et bien cruel. L’écureuil avait-il tous ces sentiments en lui ou les a-t-il acquis en devenant humain ? L’homme est-il incapable de sentiments bienveillants ?

Le dessin d'Hausman est superbe. Avec un dessin parfaitement maîtrisé et des couleurs ternes qui conviennent admirablement, il reflète bien la laideur de l'histoire.

Le récit se passe de dialogues ou presque, pratiquement tout l’album est fait de narration, comme dans les contes et les légendes.


Le prince des écureuils
Yann et Hausman
Collection Aire Libre
Editions Dupuis


Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être...
- Les Innommables pour lire Yann (Yann/Conrad, Dargaud)
- Trois cheveux blancs pour les beaux dessins de Hausman (Yann/Hausman, Dupuis)
- Les contes de l’Ankou si vous aimez les contes (Collectif, Soleil)

Par Wiz - Publié dans : Conte
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